Une erreur s’est glissée dans la description de votre lot — dimension, époque, attribution, état. Selon qu’elle a été rectifiée à temps, qu’elle a nui au vendeur ou à l’acheteur, et qu’elle révèle ou non une faute, les conséquences diffèrent. Voici comment se traite, en pratique, une erreur de catalogue.

Cet article fait partie de notre dossier Litiges avec une maison de ventes.

À retenir d’abord

Une rectification annoncée oralement avant l’adjudication et portée au procès-verbal prime sur le catalogue.

Une erreur fautive peut engager la responsabilité de la maison de ventes (article L.321-17 du Code de commerce).

Si l’erreur porte sur une qualité essentielle, elle peut justifier l’annulation de la vente.

Le recours dépend de qui l’erreur a lésé : le vendeur ou l’acheteur.

Le procès-verbal de vente fait foi de ce qui a été annoncé en salle.

Une erreur de description, est-ce grave ?

Tout dépend de sa nature et de son effet. Une coquille sans incidence (une faute de frappe sur un intitulé) ne porte pas à conséquence. En revanche, une erreur sur une caractéristique déterminante — l’auteur, l’époque, les dimensions, l’état — peut fausser la vente et ouvrir un recours. La gravité se mesure à l’influence de l’erreur sur la décision d’enchérir et sur le prix.

Que vaut une rectification annoncée en salle ?

Elle prime sur le catalogue, à condition d’être faite avant l’adjudication et consignée. Le commissaire-priseur peut corriger oralement une information erronée au moment de présenter le lot (« attention, le lot 42 est annoncé sans le cadre »). Cette rectification, portée au procès-verbal de vente, l’emporte sur la description imprimée. C’est pourquoi le procès-verbal est une pièce essentielle en cas de litige : il fait foi de ce qui a réellement été annoncé.

Exemple concret

Un meuble est catalogué « époque Louis XV ». Avant l’adjudication, le commissaire-priseur annonce qu’il s’agit en réalité d’un meuble « de style Louis XV », postérieur. Cette rectification, consignée au procès-verbal, engage les enchérisseurs : ils ne pourront pas se prévaloir de la mention initiale du catalogue.

L’erreur a nui à l’acheteur : quels recours ?

Si l’acheteur a enchéri sur la foi d’une description erronée portant sur une qualité essentielle, deux voies s’ouvrent à lui : l’annulation de la vente pour erreur (détaillée dans annulation d’une vente : motifs et jurisprudence) et, si une faute du professionnel est démontrée, l’action en responsabilité (responsabilité de la maison de ventes et de l’expert). L’authenticité est le terrain le plus fréquent, traité dans erreur sur l’authenticité.

L’erreur a nui au vendeur : quels recours ?

Le vendeur n’est pas oublié. Une description sous-évaluée par erreur — un objet décrit comme une copie alors qu’il était authentique — peut lui faire perdre une part importante de la valeur. Si cette erreur résulte d’une faute de la maison de ventes (vérifications insuffisantes, défaut de conseil), le vendeur peut rechercher sa responsabilité. Rappelons que les clauses limitant cette responsabilité sont interdites (article L.321-17 du Code de commerce).

Attention

Relisez attentivement la description proposée pour votre objet avant la vente, tant qu’elle peut encore être corrigée. Une erreur repérée à temps s’efface d’un trait de plume ; la même erreur découverte après le marteau peut coûter des mois de procédure.

Quelle base d’indemnisation ?

Lorsqu’une faute est retenue, l’indemnisation vise à réparer le préjudice : pour le vendeur, la perte de valeur entre le prix obtenu et la valeur réelle ; pour l’acheteur, le préjudice lié à son acquisition trompée. L’évaluation repose sur une expertise, et le prix de réserve ou l’estimation servent souvent de repères.

Cas pratique

Le catalogue annonce un meuble « d’époque Louis XV ». À l’exposition, l’examen révèle un meuble de style, plus tardif. La correction doit être annoncée oralement, à la criée, avant l’adjudication du lot, et consignée au procès-verbal.

Une rectification faite dans les règles purge l’erreur du catalogue : c’est la version annoncée en salle qui fait foi, pas la coquille imprimée.

Le conseil du commissaire-priseur

Le recueil des obligations déontologiques (arrêté du 30 mars 2022) impose une description sincère, précise et non équivoque, signalant les réparations, restaurations, manques et ajouts significatifs. Avant la vente, relisez la notice de votre lot et signalez toute inexactitude : c’est bien plus simple à corriger avant qu’après.

Questions fréquentes

Une annonce orale peut-elle corriger le catalogue ?

Oui. Une rectification faite avant l’adjudication et consignée au procès-verbal prime sur la description imprimée. Le procès-verbal fait foi de ce qui a été annoncé en salle.

Puis-je agir si la description a sous-évalué mon objet ?

Oui, si cette sous-évaluation résulte d’une faute de la maison de ventes. Vous pouvez rechercher sa responsabilité ; les clauses limitatives lui sont interdites.

Une erreur de description permet-elle d’annuler la vente ?

Si elle porte sur une qualité essentielle (auteur, époque, authenticité), elle peut justifier l’annulation pour erreur. Une erreur mineure, sans incidence, ne le permet pas.

Pour l’ensemble des recours et la bonne voie selon votre cas, voyez le guide litige avec une maison de ventes.

Article mis à jour en juin 2026. Contenu informatif général ; il ne remplace pas l’avis d’un avocat. L’appréciation d’une erreur de description dépend des faits : faites analyser votre situation.

Une description qui vous semble erronée ?

Faites expertiser et estimer l’objet par un commissaire-priseur du réseau : c’est la meilleure façon d’objectiver l’écart. Demandez une estimation gratuite.