Vous recevez un document après la vente, intitulé « bordereau » ou « relevé vendeur », et le montant en bas ne correspond pas au prix annoncé en salle. C’est normal. Le bordereau détaille, ligne par ligne, comment on passe du prix marteau à la somme qui vous est versée. Apprendre à le lire, c’est vérifier qu’on vous a réglé le juste montant.

Cet article fait partie de notre dossier Frais, délais et paiement.

Le repère

Le bordereau vendeur est le décompte remis après la vente ; il justifie la somme versée.

Il part du prix d’adjudication, puis déduit la commission, les frais, et le cas échéant le droit de suite et la taxe forfaitaire.

Le solde est votre produit net.

Le bordereau a aussi valeur de justificatif : conservez-le (provenance, fiscalité, revente future).

Qu’est-ce que le bordereau vendeur ?

Le bordereau vendeur est le décompte écrit que la maison de ventes vous remet après la vacation. Il récapitule la vente de vos lots et détaille le calcul de la somme qui vous revient : prix obtenu, déductions, montant net. C’est à la fois un relevé de compte et une pièce justificative de la vente.

Le terme « bordereau » désigne aussi le document remis à l’acheteur, qui tient lieu de facture au sens du Code général des impôts (article 289). Pour le vendeur, le bordereau joue un rôle symétrique : il atteste du prix obtenu et des sommes prélevées. Les deux documents constatent la même vente, vue de chaque côté.

Comment se lit un bordereau, ligne par ligne ?

Un bordereau vendeur se lit de haut en bas, du prix marteau vers le net. En tête figure le prix d’adjudication de chaque lot. Viennent ensuite les déductions : la commission de l’opérateur, les frais annexes, puis, si l’objet est concerné, le droit de suite et la taxe forfaitaire. Le bas du document affiche le produit net qui vous est versé.

LigneCe qu’elle indique
Désignation du lotL’objet vendu et son numéro de lot
Prix d’adjudication (marteau)Le prix atteint au coup de marteau
Commission / honoraires de venteLa rémunération de l’opérateur, déduite
Frais annexesPhotos, catalogue, assurance, transport selon le mandat
Droit de suiteReversé pour certaines œuvres d’artistes, le cas échéant
Taxe forfaitairePrélevée si vous relevez de ce régime fiscal
Net vendeurLa somme effectivement virée sur votre compte

Exemple concret

Tableau adjugé 5 000 € au marteau. La maison applique sa commission vendeur et quelques frais de catalogue ; un droit de suite est dû car l’artiste est éligible. Après ces déductions, le bordereau affiche un net vendeur inférieur aux 5 000 €. Le chiffre exact dépend des taux négociés : c’est précisément ce que le bordereau permet de vérifier.

Pourquoi le net est-il inférieur au prix marteau ?

Parce que le prix marteau est un point de départ, pas le montant qui vous revient. La maison de ventes prélève sa commission sur ce prix, ajoute éventuellement des frais prévus au mandat, et reverse, le cas échéant, le droit de suite et la taxe forfaitaire. Ce qui reste — le net — est logiquement plus bas que le prix annoncé en salle.

Chaque ligne a sa logique. La commission rémunère le travail de l’opérateur (estimation, catalogue, organisation, fichier d’acheteurs). Les frais annexes correspondent à des dépenses réelles engagées pour valoriser l’objet. Pour comprendre ces postes et savoir lesquels se négocient, voyez les frais vendeur en détail.

Que sont les lignes « droit de suite » et « taxe forfaitaire » ?

Ce sont deux prélèvements qui n’apparaissent que dans certaines situations. Le droit de suite revient à l’artiste ou à ses héritiers lors de la revente de certaines œuvres d’art originales. La taxe forfaitaire est une option fiscale qui s’applique à la cession d’objets précieux et de métaux précieux. L’une comme l’autre figurent au bordereau seulement si elles sont dues.

Le droit de suite n’est dû que pour des œuvres éligibles, tant que l’auteur est vivant ou disparu depuis moins de 70 ans, selon un barème par tranches plafonné. Son fonctionnement est détaillé dans la fiche le droit de suite : qui le paie, barème.

La taxe forfaitaire, elle, dépend de votre situation et d’une option à exercer. Les taux et seuils évoluent : reportez-vous à la fiche la taxe forfaitaire sur les objets précieux et confirmez les chiffres en vigueur à la date de votre vente.

Attention

Un taux fiscal cité de mémoire peut être périmé. Le droit de suite et la taxe forfaitaire obéissent à des barèmes et des seuils révisés régulièrement. Pour un cas concret, fiez-vous au bordereau établi par la maison de ventes et, en cas de doute, à un professionnel : c’est lui qui applique les chiffres en vigueur le jour de la vente.

À quoi sert de conserver son bordereau ?

Le bordereau est une pièce à garder. Il prouve que vous avez vendu tel objet, à telle date, à tel prix. Cette trace sert dans plusieurs situations : justifier la provenance d’un bien, étayer une déclaration fiscale, ou établir le prix d’acquisition en cas de revente future par l’acheteur.

C’est aussi votre outil de contrôle. En recoupant le bordereau avec le prix annoncé et les conditions du mandat, vous vérifiez que la commission appliquée correspond à ce qui était convenu et qu’aucun frais imprévu ne s’est glissé dans le décompte. En cas d’écart, demandez une explication écrite à la maison de ventes.

Questions fréquentes

Quand reçoit-on le bordereau vendeur ?

En général avec le règlement, ou peu avant. Le versement du net intervient au plus tard deux mois après la vente (article L.321-14 du Code de commerce) ; le bordereau l’accompagne et le justifie.

Le bordereau vendeur est-il une facture ?

C’est un décompte de vente. Le document remis à l’acheteur tient lieu de facture au sens fiscal ; côté vendeur, le bordereau atteste du prix obtenu et des sommes déduites. Conservez-le comme justificatif.

Comment vérifier que le calcul est juste ?

Comparez le prix marteau et la commission indiquée au mandat, vérifiez les frais annexes, et contrôlez la présence éventuelle du droit de suite et de la taxe. Le net doit correspondre. En cas de doute, demandez le détail par écrit.

Que faire si une ligne me paraît injustifiée ?

Demandez une explication écrite à la maison de ventes en vous appuyant sur le mandat signé. Si le désaccord persiste, vous pouvez saisir le Conseil des maisons de vente, puis le juge civil pour un litige financier. Article mis à jour en juin 2026. Contenu informatif général, qui ne remplace pas l’avis personnalisé d’un commissaire-priseur. Les taux et seuils fiscaux évoluent : confirmez-les à la date de votre vente.

Une vente en vue ?

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