Combien vaut une œuvre de Théodore Géricault ?
Théodore Géricault (1791-1824), maître du romantisme français mort à seulement 32 ans, a laissé un corpus restreint et très recherché — ce qui rend l’attribution décisive. Ses peintures autographes se sont adjugées de 17 000 € à 85 000 €, ses dessins et aquarelles autographes de 3 500 € à près de 67 000 €, une feuille majeure ayant atteint 385 000 €. Ses lithographies, dont il fut un pionnier, vont de 80 € à 25 600 € selon la planche, et ses lettres autographes de 2 500 € à 18 000 €. À l’inverse, les œuvres « attribué à » ou « entourage de » se situent de 800 € à 28 000 €, et les copies « d’après » ou « école de » de 50 € à 2 800 €.
Fourchettes de prix par catégorie
| Catégorie | Fourchette observée |
|---|---|
| Peintures autographes (huiles, études) | 17 000 € – 85 000 €, exceptionnellement plus |
| Dessins et aquarelles autographes | 3 500 € – 67 000 €, jusqu’à 385 000 € pour une feuille majeure |
| Lithographies (de sa main) | 80 € – 25 600 € selon la planche et l’épreuve |
| Lettres autographes | 2 500 € – 18 000 € |
| Œuvres « attribué à » ou « entourage de » | 800 € – 28 000 € |
| Œuvres « d’après », « école de », copies | 50 € – 2 800 € |
Une œuvre rare, beaucoup copiée : l’enjeu de l’attribution
C’est le point qui commande tout le reste. Géricault est mort jeune, son œuvre est limité, et il a été imité et copié sans relâche depuis le XIXᵉ siècle — au point que la plupart des lots portant son nom ne sont pas de sa main. Chaque mention employée par les maisons de ventes correspond à un palier de valeur radicalement différent : « Théodore Géricault » (autographe) ne vaut pas « attribué à », qui ne vaut pas « entourage de » ou « atelier de », qui ne vaut pas « école française, suiveur de », ni « d’après » ou « dans le goût de ».
L’écart est vertigineux : une feuille autographe a atteint 385 000 €, quand une huile « entourage de Géricault » s’est vendue 28 600 €, et une copie « d’après » de son célèbre Officier de chasseurs à cheval entre 70 € et 700 €. Pour trancher, l’expertise s’appuie sur le catalogue raisonné de Germain Bazin (Wildenstein, sept volumes), sur les cachets de collection (Pierre Dubaut, Coutan-Hauguet…) et sur la provenance. C’est l’étape qui change tout.
Dessins et aquarelles : le cœur du marché autographe
C’est le segment autographe le plus fréquent en vente, et le plus représentatif de son génie. Géricault dessinait sans cesse : chevaux — sa grande passion —, scènes militaires, études d’après l’antique et d’après Rubens, sujets observés lors de son séjour anglais. Les techniques vont de la plume et encre brune au lavis, à l’aquarelle et au crayon noir. Les prix s’étagent le plus souvent de 3 500 € à 67 000 € : un Cuirassier à cheval à l’aquarelle s’est vendu 3 584 €, Le derby, aquarelle rehaussée de blanc, 66 976 €. Une feuille exceptionnelle peut aller bien au-delà — Chevaux au pâturage, à la plume et à l’aquarelle, a atteint 385 000 €. Le sujet équestre, la qualité d’exécution, la provenance et les cachets de collection font le prix.
Les peintures, rares et recherchées
Les grands tableaux de Géricault, à commencer par Le Radeau de la Méduse, sont dans les musées. Ce qui passe en vente publique, ce sont surtout des études et des sujets intimes : animaux, têtes de chiens, sujets de jeunesse. Groupe de lions, huile sur panneau passée par la collection Alain Delon, a atteint 85 000 € ; Cheval attaché à la porte de l’écurie 34 000 € ; une Tête de bouledogue 17 000 €. Ces huiles autographes se situent le plus souvent entre 17 000 € et 85 000 €, les petits formats et les études inachevées restant les plus accessibles. Là encore, l’authentification prime : une étude « entourage » de qualité peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros, mais ce n’est pas la même chose qu’un original.
Géricault, pionnier de la lithographie
Géricault a été l’un des premiers grands artistes à explorer la lithographie, alors toute nouvelle. Ses estampes — les Boxeurs (1818), le Retour de Russie, la « série anglaise » de 1821, les Études de chevaux — forment un marché plus accessible que ses œuvres uniques. La plupart des épreuves se négocient de 80 € à 3 000 €, mais une planche majeure et bien tirée peut atteindre beaucoup plus : une épreuve des Boxeurs a fait 25 600 €.
Pour une estampe, tout est dans l’épreuve : l’état (les références Delteil font autorité), la fraîcheur, la marge, l’absence de rousseurs, et le moment du tirage. Une belle épreuve ancienne n’a rien à voir avec un tirage posthume tardif. Certaines planches ont en outre été exécutées en collaboration (avec Cogniet, Volmar ou Charlet), ce qui doit être précisé.
Lettres autographes et œuvres d’après
Les lettres de Géricault constituent un segment recherché des collectionneurs d’autographes : sa correspondance amoureuse avec Madame Trouillard, ses lettres à son ami Dedreux-Dorcy ou à Madame Horace Vernet se sont vendues de 2 500 € à 18 000 € selon le contenu et la longueur. À l’opposé du spectre, tout un marché de reproductions circule à petit prix : plâtres des ateliers de moulage des musées, bronzes de relief, et surtout les innombrables copies peintes d’après ses tableaux célèbres, qui valent de quelques dizaines à quelques centaines d’euros.
Estimer et authentifier un Géricault
L’expertise commence toujours par la question de l’attribution, car elle détermine tout. On examine la technique, le sujet, la signature ou son absence (beaucoup d’œuvres autographes ne sont pas signées et portent au contraire des cachets de vente d’atelier ou de collection), la provenance et la concordance avec le catalogue raisonné. Pour une estampe, c’est l’analyse de l’épreuve et de l’état qui prime ; pour une peinture ou un dessin, la main et l’historique.
Compte tenu des écarts de valeur, l’avis d’un spécialiste est indispensable avant toute décision. Nos commissaires-priseurs travaillent à partir de photographies nettes (l’œuvre entière, la signature ou les cachets, le dos, le cadre) pour proposer une première fourchette et vous orienter sur l’authentification. Vous pouvez aussi consulter notre page dédiée à l’expertise de tableaux.
Quelques résultats observés en vente publique
Voici une sélection de résultats relevés en vente publique pour des œuvres autographes, de la lithographie à la grande feuille, qui donne l’échelle de la cote.
| Œuvre | Technique | Résultat |
|---|---|---|
| Cuirassier à cheval (Le Coureur) | Aquarelle et mine de plomb | 3 584 € |
| Retour de Russie, 1818 | Lithographie | 8 500 € |
| Couple dansant | Encre | 11 152 € |
| Études de chevaux (recto-verso) | Crayon noir | 12 236 € |
| Tête de bouledogue | Huile sur toile | 17 000 € |
| Lad et trois chevaux caparaçonnés | Aquarelle | 20 480 € |
| La Vénus de Médicis | Plume, encre brune et lavis | 24 320 € |
| Boxeurs, 1818 | Lithographie | 25 600 € |
| Portrait de Galaor, chien de l’artiste | Aquarelle | 39 000 € |
| Le derby | Aquarelle et rehauts de blanc | 66 976 € |
| Groupe de lions | Huile sur panneau | 85 000 € |
| Chevaux au pâturage | Plume, encre et aquarelle | 385 000 € |
Résultats constatés en vente publique pour des œuvres données comme autographes ; selon les maisons, ils peuvent s’entendre frais inclus. Ces montants donnent une tendance, pas une estimation : seule l’analyse de votre œuvre, et d’abord son attribution, permet de la situer.
Faire estimer une œuvre de Théodore Géricault
Pour estimer une œuvre de Théodore Géricault, l’expertise part de l’attribution (autographe, attribué, entourage, d’après), puis du médium, du sujet, de la provenance et de l’état. Une aquarelle autographe de chevaux n’a rien à voir avec une copie d’après ses tableaux célèbres, et une belle épreuve lithographique ancienne se distingue nettement d’un tirage tardif. Nos commissaires-priseurs vous répondent à partir de photographies nettes (l’œuvre, la signature ou les cachets, le dos et le cadre) avec une fourchette argumentée et les vérifications à mener.
L’estimation est gratuite et sans engagement. Pour situer Géricault parmi les maîtres du XIXᵉ siècle, parcourez notre cote des artistes.
Questions fréquentes
Pourquoi le prix d’un Géricault varie-t-il autant ?
Parce que l’attribution change tout. Une œuvre autographe est rare et peut atteindre des dizaines, voire des centaines de milliers d’euros ; une œuvre « attribué à » ou « entourage de » vaut beaucoup moins ; une copie « d’après » ne vaut souvent que quelques centaines d’euros. La mention exacte employée et la provenance sont déterminantes.
Quelles œuvres de Géricault valent le plus cher ?
Ses peintures et ses grandes feuilles autographes, surtout sur le thème du cheval. Une huile Groupe de lions a atteint 85 000 €, et un dessin aquarellé, Chevaux au pâturage, 385 000 €. Ses grands tableaux d’histoire, comme Le Radeau de la Méduse, sont conservés dans les musées.
Combien vaut une lithographie de Géricault ?
Le plus souvent de 80 € à 3 000 € selon la planche et l’état de l’épreuve, mais une planche majeure peut aller bien au-delà : les Boxeurs (1818) ont atteint 25 600 €. La fraîcheur, les marges, l’absence de rousseurs et l’ancienneté du tirage font la différence.
Comment savoir si mon tableau est un vrai Géricault ?
Seule une expertise peut le dire. On examine la technique, la provenance, les cachets éventuels et la concordance avec le catalogue raisonné de Germain Bazin. Beaucoup d’œuvres vendues sous son nom sont en réalité « d’après », « entourage » ou « école de » — méfiez-vous des copies du célèbre Officier de chasseurs à cheval, très répandues.
