Combien vaut une œuvre d’Ossip Zadkine ?
Ossip Zadkine (1888-1967), l’un des grands sculpteurs cubistes de l’École de Paris, a laissé une œuvre où chaque catégorie a sa propre échelle de valeur. Ses sculptures uniques anciennes — pierres et terres cuites taillées dans les années 1920 — atteignent les sommets, de plusieurs dizaines de milliers à plusieurs centaines de milliers d’euros. Ses bronzes, le plus souvent édités, se situent de 6 000 € à plus de 60 000 € selon le sujet, le format et surtout le type de fonte. Ses gouaches et dessins, très présents en vente, vont de quelques centaines d’euros à près de 40 000 € pour les plus belles feuilles cubistes. Ses estampes, enfin, restent accessibles, de 250 € à 1 200 €. La nature exacte de l’œuvre est donc déterminante.
Fourchettes de prix par catégorie
| Catégorie | Fourchette observée |
|---|---|
| Sculptures uniques anciennes (pierre, terre cuite) | 25 000 € – 350 000 € |
| Bronzes (épreuves éditées) | 6 000 € – 60 000 € |
| Gouaches, aquarelles, dessins | 500 € – 40 000 € |
| Estampes (eaux-fortes, lithographies) | 250 € – 1 200 € |
Un sculpteur de l’École de Paris
Installé à Paris dès 1910, voisin de Chagall et de Soutine à La Ruche, Zadkine adapte le cubisme à la sculpture, en gardant le goût de la statuaire antique, romane et africaine. Le haut de sa cote tient à ses œuvres uniques les plus anciennes, taillées directement dans la pierre, le bois ou modelées en terre cuite. Ce sont des pièces rares : deux grands bas-reliefs en pierre de 1927, issus d’un décor parisien, ont dépassé 320 000 € chacun, et une terre cuite originale de 1922, pièce unique, a atteint près de 105 000 €. À ce niveau, l’ancienneté, la rareté et la provenance comptent autant que le sujet.
Bronzes : la question décisive de la fonte
C’est le point sur lequel se joue l’essentiel de la valeur d’un bronze de Zadkine. Trois cas se distinguent nettement. Les épreuves fondues du vivant de l’artiste sont les plus recherchées. Viennent ensuite les fontes posthumes autorisées : après 1967, sa veuve, la peintre Valentine Prax, détentrice du droit de tirage, a fait éditer des bronzes par de grands fondeurs comme Susse ou Émile Godard, signés, numérotés et tout à fait légitimes — c’est le cas de la plupart des bronzes vus en vente, de 6 000 € à plus de 60 000 €. Enfin, à l’opposé, les surmoulages et retirages tardifs, souvent non signés et vendus « d’après Zadkine », n’ont qu’une valeur décorative : un tel retirage non signé n’a fait que 1 900 €.
Concrètement, La liseuse (1947), bronze à patine sombre fondu par Susse et numéroté, a atteint 60 960 €, et l’Hermaphrodite, épreuve posthume Susse d’après un original de 1914, 56 320 €. Le cachet du fondeur, la numérotation, la signature et la référence au catalogue raisonné sont les éléments à vérifier avant toute estimation.
Gouaches, aquarelles et dessins : un volet majeur
On l’oublie souvent : Zadkine a produit des milliers de dessins, aquarelles et gouaches, et c’est l’un des terrains les plus actifs de son marché. Les gouaches cubistes des années 1920, ses années les plus inventives, sont les plus cotées : Le bal du 14 juillet (1922) a atteint 39 000 €, et plusieurs grandes feuilles des années 1920 à 1950 se situent entre 14 000 € et 20 000 €. Les dessins à l’encre et au crayon, plus nombreux, vont de quelques centaines d’euros à 9 000 € selon la période, le format et le sujet. Ce sont des œuvres uniques et signées, à distinguer des estampes. Pour ce type d’œuvre, vous pouvez consulter notre page dédiée à l’expertise de tableaux et dessins.
Les estampes
Sculpteur et peintre, Zadkine fut aussi graveur. Ses eaux-fortes et lithographies, répertoriées par Czwiklitzer et souvent éditées dans les années 1960 (Erker Press, éditions Czwiklitzer), se vendent généralement de 250 € à 1 200 €, une belle eau-forte signée comme Le guitariste pouvant approcher 1 000 €. Signées et numérotées, elles restent des multiples : il ne faut pas les confondre avec une sculpture, une gouache ou un dessin unique, dont la valeur est sans commune mesure.
Authentifier et estimer une œuvre de Zadkine
La sculpture de Zadkine est répertoriée dans le catalogue raisonné établi par Sylvain Lecombre ; son œuvre gravé l’est par Czwiklitzer. Le Zadkine Research Center et le musée Zadkine, à Paris, installé dans son ancien atelier, font autorité pour les recherches et les attestations. Une vigilance particulière s’impose sur les dates : l’artiste est né à Vitebsk en 1888, même s’il a lui-même longtemps annoncé 1890 — date que l’on retrouve fréquemment sur les cartels, aux côtés d’autres mentions erronées. La date ne dit donc rien de l’authenticité, mais elle signale qu’une œuvre doit toujours être examinée pour elle-même.
Compte tenu des écarts entre une épreuve éditée, un surmoulage et une œuvre unique, l’avis d’un spécialiste est déterminant. Nos commissaires-priseurs vous répondent à partir de photographies nettes (l’œuvre entière, la signature ou le monogramme, le cachet de fondeur et la numérotation pour un bronze, le dos pour une œuvre sur papier) avec une fourchette argumentée.
Quelques résultats observés en vente publique
Voici une sélection de résultats relevés en vente publique, de l’estampe à la terre cuite unique, qui montre la hiérarchie des valeurs.
| Œuvre | Technique | Résultat |
|---|---|---|
| Le guitariste, 1966 (édition à 25) | Eau-forte | 960 € |
| Le guitariste (statuette, fonte Susse, 6/10) | Bronze | 6 100 € |
| Tendresse maternelle (fonte cire perdue É. Godard, 2/7) | Bronze | 9 600 € |
| Personnages, 1960 | Pastel sur papier | 13 000 € |
| Quatre nus dans un paysage, 1921 | Gouache et aquarelle | 14 000 € |
| Les amis, 1958 | Gouache | 16 900 € |
| Les elfes, 1948 (fonte posthume Susse, 1/8) | Bronze | 18 000 € |
| Femme agenouillée, vers 1920 | Terre cuite originale (pièce unique) | 26 000 € |
| Le bal du 14 juillet, 1922 | Gouache | 39 000 € |
| Hermaphrodite (épreuve posthume, fonte Susse, 3/5) | Bronze | 56 320 € |
| La liseuse, 1947 (fonte Susse, 5/8) | Bronze | 60 960 € |
| Femme agenouillée, 1922 (pièce unique) | Terre cuite originale | 104 960 € |
Résultats constatés en vente publique ; selon les maisons, ils peuvent s’entendre frais inclus. Les bronzes figurant ici sont des épreuves éditées (du vivant de l’artiste ou en fonte posthume autorisée), à distinguer des surmoulages et retirages tardifs. Seule l’analyse de votre œuvre permet de la situer.
Faire estimer une œuvre d’Ossip Zadkine
Pour estimer une œuvre d’Ossip Zadkine, la première étape est d’en déterminer la nature : sculpture unique, bronze édité, gouache, dessin ou estampe. C’est elle qui sépare une estampe à quelques centaines d’euros d’une terre cuite unique à plusieurs dizaines de milliers. Pour un bronze, le type de fonte — du vivant, posthume autorisée ou simple retirage — change tout. Nos commissaires-priseurs établissent une fourchette argumentée à partir de bonnes photographies.
L’estimation est gratuite et sans engagement. Pour situer Zadkine parmi les artistes de l’École de Paris, parcourez notre cote des artistes.
Questions fréquentes
Comment savoir si mon bronze de Zadkine a de la valeur ?
Tout dépend de la fonte. Une épreuve fondue du vivant de l’artiste, ou une fonte posthume autorisée (Susse, Émile Godard) signée et numérotée, peut valoir de 6 000 € à plus de 60 000 €. Un surmoulage ou retirage tardif non signé, vendu « d’après Zadkine », n’a qu’une valeur décorative. Le cachet du fondeur et la numérotation sont les premiers indices.
Combien vaut une gouache de Zadkine ?
De quelques milliers d’euros à près de 40 000 € pour les plus belles feuilles cubistes des années 1920. Une grande gouache de 1922 a atteint 39 000 €. Les dessins à l’encre, plus nombreux, vont de quelques centaines d’euros à 9 000 €.
Quelle est l’œuvre de Zadkine la plus chère ?
Ses sculptures uniques anciennes. Deux bas-reliefs en pierre de 1927, issus d’un décor parisien, ont dépassé 320 000 € chacun, et une terre cuite originale de 1922 a atteint près de 105 000 €. Ce sont des pièces rares et anciennes.
Qui authentifie les œuvres d’Ossip Zadkine ?
La sculpture est répertoriée au catalogue raisonné de Sylvain Lecombre, l’œuvre gravé par Czwiklitzer. Le Zadkine Research Center et le musée Zadkine, à Paris, font autorité pour les recherches et attestations.
