Combien vaut une œuvre de Mithé Espelt ?

La cote de Mithé Espelt est l’une des plus dynamiques du marché des arts décoratifs d’après-guerre. Longtemps confidentielle, la céramiste de Lunel (1923-2020) n’apparaît vraiment en vente publique qu’à partir de 2020, portée par la monographie de référence d’Antoine Candau, et les prix grimpent vite depuis. Aujourd’hui, la plupart de ses miroirs se négocient entre 1 500 et 4 000 €, les modèles rares ou de grande taille entre 5 000 et 12 000 €, et les pièces d’exception ont atteint beaucoup plus haut — un grand miroir a dépassé 50 000 € lors d’une vente à Paris. Ses boîtes et coffrets se situent le plus souvent entre 300 et 1 500 €, ses pieds de lampe « Pyramide » entre 3 500 et 8 500 €. Comme elle ne signait pas ses œuvres, la valeur dépend étroitement de l’identification du modèle, de l’état et de l’authentification.

Les miroirs : le cœur de la cote

Mithé Espelt est avant tout connue pour ses miroirs, muraux ou à main, à l’encadrement en terre estampée et émaillée, rehaussée d’or craquelé au four, souvent enrichie de verre cristallisé et toujours doublée d’une feutrine verte au revers. C’est ce qui fait l’essentiel du marché. Un miroir courant, bien conservé, se situe le plus souvent entre 1 500 et 4 000 € ; un modèle recherché ou de format important monte au-delà. Le modèle « Pélican », par exemple, a atteint environ 9 000 €, et un miroir « Quadrille » des années 1950 s’est vendu 7 800 €. À l’inverse, ses petites boîtes, ses bijoux et ses face-à-main restent plus accessibles.

Modèles, tailles et finitions

Espelt a conçu plus de cinq cents modèles, beaucoup portant un nom : « Oblong », « Rayons », « Engrenages », « Chevêche » (la chouette), « Ouroboros », « Mérida », « Soleil », « Anémone », « Pélican »… Identifier le modèle et le rattacher à la monographie d’Antoine Candau soutient nettement la valeur. À modèle égal, comptent ensuite la taille (elle n’a jamais réalisé de très grandes pièces, ce qui rend les grands formats rares et chers), la finesse du décor en relief, la richesse de la dorure et du verre cristallisé, et l’état : la feutrine verte d’origine au dos est un bon repère, tandis que les défauts de cuisson, éclats ou restaurations pèsent sur le prix.

Des œuvres non signées : comment les authentifier

Fidèle à sa philosophie du « luxe discret du quotidien », Mithé Espelt a fait le choix de ne pas signer ses créations. L’authentification repose donc sur la facture, la technique très reconnaissable (terre estampée, or craquelé, verre cristallisé), la feutrine verte caractéristique au revers et, surtout, sur le rapprochement avec la monographie de référence d’Antoine Candau, qui fait aujourd’hui autorité. Faute de signature, ses miroirs ont longtemps été attribués à tort à d’autres céramistes, notamment François Lembo : c’est dire l’importance d’une identification sérieuse du modèle avant toute estimation.

Boîtes, lampes, vide-poches et bijoux

Au-delà des miroirs, Espelt a produit quantité de petits objets. Les coffrets et boîtes à bijoux, à base de bois noirci ou laqué et couvercle en céramique émaillée, valent le plus souvent de 300 à 1 500 €. Les vide-poches et baguiers se situent dans la même fourchette. Les pieds de lampe, en particulier le modèle « Pyramide » en céramique dorée et verre cristallisé, sont très recherchés et atteignent régulièrement 3 500 à 8 500 €. Enfin, elle a créé des bijoux — clips, colliers, broches en céramique émaillée — notamment pour la maison Souleiado ; ces pièces restent plus modestes, de quelques dizaines à quelques centaines d’euros.

Marion de Crécy, pastiches et « dans le goût de »

Deux points de vigilance. D’abord, sa fille, Marion de Crécy, également céramiste, a poursuivi le travail de l’atelier et signe parfois « M de C » : certaines pièces sont de sa main, ou conçues par Espelt et exécutées plus tard — à distinguer des créations autographes de Mithé Espelt. Ensuite, le succès récent a fait naître de nombreux pastiches : les lots décrits « dans le goût de », « attribué à » ou « travail moderne dans le style de » valent en général beaucoup moins, sauf qualité exceptionnelle. Là encore, l’examen du modèle et de la technique permet de trancher.

Quelques résultats relevés en vente publique

Œuvre (modèle)Matière / techniqueRésultat
Boîte à bijoux (couvercle céramique)Céramique et bois laqué450 €
Boîte rectangulaire (couvercle or craquelé)Céramique et bois630 €
Miroir face-à-mainFaïence estampée, or au four850 €
Coffret trésor, circa 1950Céramique et bois noirci1 160 €
Vide-pocheFaïence, pâte de verre et or1 600 €
Miroir « Tridents », années 1950Céramique émaillée, or craquelé1 900 €
Miroir « Mérida », circa 1955Terre estampée, pâte de verre et or2 000 €
Miroir « Engrenages », circa 1958Céramique dorée et verre cristallisé2 500 €
Miroir « Chevêche » (hibou), vers 1965Céramique émaillée polychrome2 816 €
Miroir « Rayons », vers 1955Terre estampée et or craquelé3 200 €
Lampe « Pyramide », circa 1990Céramique émaillée et verre cristallisé3 606 €
Miroir « Mexico », 1950Terre estampée, or craquelé6 590 €
Miroir « Soleil », vers 1975 (Ø 47,5 cm)Céramique émaillée et verre cristallisé7 440 €
Miroir « Quadrille », vers 1950Faïence estampée, or au four7 800 €
Miroir « Pélican », vers 1968Terre estampée émaillée, or9 002 €
Très rare miroir mural blanc et or craquelé, années 1950Terre estampée émaillée12 000 €
Résultats constatés en vente publique ; selon les maisons, ils peuvent s’entendre frais inclus.

Ce qu’un expert vérifie avant d’estimer une œuvre de Mithé Espelt

Nos commissaires-priseurs commencent par identifier le modèle et le rapprocher de la monographie d’Antoine Candau, puis examinent la technique (terre estampée, or craquelé, verre cristallisé), la feutrine verte au revers, la taille et l’état. Ils distinguent une création autographe de Mithé Espelt d’une pièce de sa fille Marion de Crécy ou d’un pastiche « dans le goût de ». Sa cote progresse d’ailleurs dans le sillage de celle de sa formatrice Line Vautrin, devenue très difficile d’accès. Pour d’autres figures des arts décoratifs du XXe siècle, voir par exemple Jacques Adnet.

Pour aller plus loin, consultez notre cote des artistes.

Questions fréquentes

Combien vaut un miroir de Mithé Espelt ?

La plupart des miroirs se vendent entre 1 500 et 4 000 €. Les modèles rares ou de grand format atteignent 5 000 à 12 000 €, et les pièces d’exception sont montées beaucoup plus haut — un grand miroir a dépassé 50 000 € en vente publique. Le prix dépend du modèle, de la taille, de la finesse du décor et de l’état.

Comment reconnaître une œuvre de Mithé Espelt ?

Elle ne signait pas ses créations. On les identifie par leur technique très reconnaissable — terre estampée, émail et or craquelé au four, verre cristallisé — et par la feutrine verte caractéristique au revers, en rapprochant la pièce de la monographie de référence d’Antoine Candau. Faute de signature, ses miroirs ont longtemps été confondus avec ceux d’autres céramistes.

Pourquoi le « modèle » est-il important pour la valeur ?

Espelt a conçu plus de cinq cents modèles, souvent nommés (« Chevêche », « Soleil », « Pélican », « Engrenages »…). Pouvoir nommer le modèle et le retrouver dans la monographie d’Antoine Candau rassure sur l’authenticité et soutient le prix. Les modèles rares, les grands formats et les pièces aux décors riches sont les plus recherchés.

Mon miroir est-il de Mithé Espelt ou de Marion de Crécy ?

Marion de Crécy, sa fille, est également céramiste et a poursuivi le travail de l’atelier ; elle signe parfois « M de C ». Certaines pièces sont de sa main, ou conçues par Espelt et réalisées plus tard. Par ailleurs, de nombreux pastiches « dans le goût de » circulent. Seul l’examen du modèle et de la technique permet de trancher, et la valeur diffère sensiblement.

Comment faire estimer une œuvre de Mithé Espelt ?

Réunissez des photos de la pièce, du revers (feutrine), des détails du décor et de l’état, ainsi que ses dimensions. Nos commissaires-priseurs vous répondent gratuitement sous 48 heures et précisent, dès l’examen, le modèle probable et s’il s’agit d’une création autographe, d’une pièce de Marion de Crécy ou d’un pastiche.