Une bouteille de Chartreuse « Fabrique à Voiron », c’est-à-dire produite à la distillerie française de Voiron après 1935, se négocie en 2025-2026 le plus souvent entre 2 000 et 4 000 € pour un format 75 ou 100 cl en bon état. Les magnums des années 1950-60 atteignent 2 600 à 4 000 €, les pièces d’avant-guerre les plus recherchées (les « Une Tarragone » de Voiron) montent jusqu’à 7 700 €, tandis que les petites flasques de 10 cl restent entre 70 et 300 €. C’est une Chartreuse de collection franche, à quatre chiffres dès qu’elle est ancienne et complète.

Lire la mention « Fabrique à Voiron » pour dater la bouteille

La mention « Voiron » sur l’étiquette situe la bouteille dans le temps. Dans la nuit du 4 au 5 décembre 1935, un glissement de terrain détruit la distillerie de Fourvoirie ; la production est transférée à Voiron, qui restera l’unique site français de fabrication de 1936 jusqu’en 2017-2018, date du passage à Aiguenoire. Une étiquette portant « Fabrique à Voiron – Isère » désigne donc une bouteille de cette longue période, dont le cœur de collection se situe entre les années 1940 et 1970.

Trois familles ne doivent pas être confondues. Les Voiron anciennes (75-100 cl, cartouche sablé, capsule de cire, bouchon estampé) sont le sujet de cette page. Les Tarragone espagnoles, fabriquées par les Pères Chartreux en exil de 1903 à 1989, portent souvent un timbre fiscal espagnol et la mention « fabriquée à Tarragone ». Enfin les Fourvoirie d’avant 1935, et plus encore d’avant l’expulsion de 1903, sont les plus rares et les plus chères du marché.

Ce qui fait le prix d’une Voiron

Sur une Voiron, la valeur se construit sur l’époque, le format et l’état. Une bouteille standard de 75 cl de la période 1941-1951 se négocie autour de 2 250 à 2 600 € ; réunies par deux, ces mêmes bouteilles passent les 4 500 €. Les magnums de la période 1956-1966 se situent entre 2 600 et 4 000 € selon la couleur et le niveau.

Le haut du panier, ce sont les flacons d’avant-guerre. Les « Une Tarragone » embouteillées à Voiron entre 1936 et 1941 — des bouteilles françaises qui reprenaient le nom de la production espagnole au retour des moines — se vendent de 2 700 à 4 100 €, et l’une d’elles, en 100 cl, a atteint près de 7 700 €. Une jaune « vieillissement exceptionnel 10 ans en foudre » de 1940, ancêtre direct de la gamme VEP, a dépassé 3 900 €.

À l’opposé, les petits formats restent abordables : une flasque verte de 10 cl des années 1950 part autour de 70 €, une version « export US » de la même période approche 300 €. L’état pèse lourd sur toute la gamme : un niveau bas (mesuré en centimètres sous la capsule), une cire abîmée ou une étiquette déchirée font reculer le prix, même sur une pièce ancienne.

Quelques résultats relevés en vente publique

BouteilleFormat / présentationRésultat
Flasque verte Voiron, années 195010 cl70 €
Flasque jaune Voiron « export US », années 195010 cl300 €
Jaune Voiron, années 194075 cl2 250 €
Jaune Voiron, magnum, années 1960150 cl2 700 €
Verte Voiron « Une Tarragone », avant-guerre100 cl2 705 €
Verte Voiron, magnum, années 1960150 cl4 000 €
Lot de 2 bouteilles Voiron, années 194075 cl4 600 €
Jaune Voiron « Une Tarragone », avant-guerre100 cl7 688 €

Résultats relevés en ventes aux enchères publiques en France (2025-2026). Prix au marteau ou pré-adjugés relevés en direct, hors frais sauf mention ; les valeurs les plus élevées (flacons d’avant-guerre) restent à confirmer pièce par pièce, leur cote dépendant fortement de l’état, du niveau et de la lisibilité des étiquettes.

Ce qu’un commissaire-priseur examine sur une Voiron

L’expertise d’une Voiron ancienne consiste à confirmer l’époque et à juger l’état, les deux moteurs du prix. Les points regardés en premier :

  • L’étiquette et le cartouche : la mention « Voiron », le globe crucifère et les sept étoiles, le papier et la typographie d’époque permettent de dater le flacon.
  • Le niveau du liquide : mesuré en centimètres sous la capsule. Sur une bouteille ancienne, un niveau haut est un atout majeur.
  • La capsule, la cire et le bouchon : un bouchon estampé, une cire et une pastille présentes attestent que la bouteille n’a pas été reconditionnée.
  • Le titrage et la couleur : verte autour de 55°, jaune autour de 43° ; toute incohérence est un signal d’alerte.
  • Les pièges : étiquette recollée, cire refaite, re-remplissage. Les Voiron anciennes étant cotées, les reconditionnements existent et seule une comparaison avec des flacons d’époque les démasque.

Faire estimer votre bouteille de Voiron

Une estimation part de la datation, du format et de l’état réel : des photos nettes de l’étiquette, de la contre-étiquette, de la capsule et du niveau suffisent souvent à donner une première fourchette. Nos commissaires-priseurs situent votre bouteille parmi les résultats récents et vous indiquent une valeur de revente, sans engagement. L’estimation est gratuite et confidentielle, et la réponse intervient généralement sous 48 heures.

Questions fréquentes

Combien vaut une Chartreuse Voiron ancienne ?

Une bouteille de 75 à 100 cl en bon état se négocie le plus souvent entre 2 000 et 4 000 €. Les magnums et les flacons d’avant-guerre montent plus haut, jusqu’à 7 700 € pour les pièces les plus rares ; à l’inverse, les flasques de petit format restent entre 70 et 300 €.

Comment savoir si ma bouteille est de la période Voiron ?

La mention « Voiron » ou « Fabrique à Voiron – Isère » sur l’étiquette indique une production postérieure à 1935. Si la bouteille porte un timbre fiscal espagnol ou la mention « Tarragone », il s’agit de la production espagnole ; les flacons « Fourvoirie » sont antérieurs à 1935.

Quelle différence entre une Chartreuse Voiron et une VEP ?

« Voiron » désigne le lieu et l’époque de production. La VEP est une gamme de vieillissement prolongé, apparue au milieu des années 1960, qui a d’ailleurs été produite à Voiron avant de l’être ailleurs. Une bouteille peut donc être à la fois « Voiron » et « VEP ».

Une bouteille au niveau bas a-t-elle encore de la valeur ?

Oui, mais avec une décote. Sur une Voiron ancienne, un niveau bas et une cire abîmée réduisent le prix sans l’annuler : la rareté de l’époque compte aussi. Une expertise précise l’effet exact de l’état sur la valeur.

Faut-il déboucher la bouteille avant l’estimation ?

Non. Une Voiron scellée, capsule et cire intactes, conserve toute sa valeur. La liqueur ne se bonifie pas comme un vin : c’est l’authenticité, l’état de présentation et la rareté qui font le prix.